Montessori, une école centenaire adaptée à notre époque

 

Montessori, école centenaire adaptée à notre époque, comment est-ce possible ?

Cet article inaugure ma série sur les écoles : les écoles autrement, les écoles alternatives, les écoles dans le monde qui, par définition, sont différentes de notre système connu (France et Suisse).

 

 

Pourquoi les écoles autrement ?

Peut-être est-ce dû à mon arbre généalogique qui, à défaut d’être logique, a des branches « généaenseignantes » (oui oui, j’aime inventer des mots !) : un oncle paternel et trois grands-parents sur quatre ! Pendant un temps, j’ai même envisagé très sérieusement d’être instite, car j’adore l’idée de transmettre le savoir. Donc, je suis un brin fascinée par le milieu scolaire, surtout primaire. Enseigner dans un coin de brousse africaine reste un fantasme inassouvi.

 

 

Biographie de Maria Montessori

J’ai envie de commencer par la fameuse école Montessori. Pour ceux que ça intéresse, voici une petite bio, que j’ai traduite de l’anglais sur Maria Montessori Biography. Sinon, vous pouvez passer à la fin de ce paragraphe, je ne vous suivrai pas du regard c’est promis !

Du nom de sa célèbre fondatrice, Maria Montessori, née le 31 août 1870 en Italie. Si son père était un ancien officier de l’armée, très conservateur, sa mère en revanche, issue d’une famille bourgeoise, était intelligente et à la pensée moderne. Elle lui apprit la compassion en lui donnant la tâche de tricoter pour les pauvres chaque jour. Bien plus tard, en tant qu’enseignante, inclut un tel travail dans les études de ses élèves, le nommant « exercices de vie pratique ».

 

 

Des études scientifiques rares pour une fille

D’intelligence moyenne mais douée pour les examens, elle s’ennuyait ferme en cours et inventait des jeux pour ses camarades. A cette époque, les filles n’étaient guère encouragées à poursuivre leurs études au-delà du niveau élémentaire, et elle demanda conseil à ses parents. Si son père la dissuada d’entamer une carrière professionnelle, sa mère fit le contraire. Lorsque Maria eut douze ans, la famille emménagea à Rome, où il était plus facile d’étudier. A quatorze ans, Maria Montessori se tourna vers un établissement technique et scientifique. Puis son intérêt pour la biologie l’orienta vers la médecine. C’était courageux, car à cette époque, les femmes n’étaient pas sensées être instruites.

 

 

Première femme à atteindre un niveau en médecine

C’est ainsi qu’en 1894, Maria Montessori, âgée de 24 ans, devint la première femme en Italie à recevoir un diplôme de médecine. Elle participa d’ailleurs toute sa vie durant à des événements féministes internationaux, prônant l’égalité des sexes. Son emploi l’amena à être l’assistante d’un médecin en clinique psychiatrique d’un quartier de Rome, en contact avec des enfants en difficulté d’apprentissage. Elle fut convaincue que l’aide à ces enfants serait dans les méthodes d’enseignement plutôt que dans un traitement médical.

 

 

Des enfants déficients jugés sans espoir

En1898, Maria Montessori fut nommée directrice de l’Ecole d’Orthophonie de Rome, dont la fonction était de veiller sur les enfants de la ville « désespérément déficients » et « idiots ».

Elle s’est réjouie du succès obtenu en enseignant elle-même ses propres méthodes.

En 1901, elle quitte l’établissement pour poursuivre ses études et ses recherches.

En 1906, le gouvernement italien permit à Maria Montessori de diriger une école supportée par l’Etat, dans un quartier de Rome : soixante enfants âgés de trois à six ans, venant de familles défavorisées. A ce moment-là, ses précédentes réussites dans l’enseignement à des enfants déficients lui suggéra de tenter les mêmes méthodes pédagogiques avec des enfants normaux. Elle mit en place un cadre propice à l’apprentissage, ce qui selon elle veut dire : installer des petites chaises et des petites tables, au lieu de rangées de bureaux.

Les fonctions de base de la méthode sont le développement de la curiosité naturelle de l’enfant, à travers une liberté de comportement responsable et individuel, l’amélioration de l’acuité des cinq sens à travers l’entraînement et le développement de la coordination corporelle, grâce à des jeux et à des exercices.

 

 

La méthode Montessori

La vue de Maria Montessori sur la nature de l’enfant, sur laquelle la méthode Montessori est basée, est que les enfants passent par une série de « périodes sensitives »  avec des « moments créatifs «  lorsqu’ils montrent de l’intérêt à l’étude sur l’impulsion du moment. C’est alors que les enfants ont la plus grande facilité pour apprendre, et ces périodes devraient être utilisées pleinement afin que les enfants apprennent le mieux possible. Ils ne devraient pas être retenus par des programmes d’études rigides, obligatoires, et des cours. Le travail est, selon Maria Montessori, la propre récompense de l’enfant, et il n’est pas nécessaire d’avoir d’autres récompenses. L’auto-discipline émerge de la liberté créée par un environnement éducatif.

 

 

Une méthode à contre-courant

La méthode Montessori était essentiellement en désaccord avec d’autres tendances majeures du XXe siècle. C’est ainsi qu’elle était utilisée par relativement peu d’écoles privées. Depuis le début des années 50, cependant, son système a joui d’une reprise d’intérêt pour l’enseignement aux enfants déficients.

Son travail a été traduit en au moins vingt langues, et des centres de formation Montessori se sont créés dans plusieurs pays.

 

 

Alors, qu’en est-il pour les parents d’aujourd’hui ?

La pédagogie Montessori compte, selon moi, pour une des principales méthodes d’écoles dites autrement.

Le site de l’association Montessori-France dit que la pédagogie Montessori est reconnue comme l’une des meilleures au monde.

En tout cas, elle est la première dont j’aie entendu parler depuis mon adolescence, lorsque je me suis intéressée à ce sujet. J’aurais voulu y inscrire mon fils, mais cela ne s’est pas fait pour des raisons géographiques et financières. Car pour celles qui sont hors contrat, cela a un coût : une école Montessori à Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie), par exemple, coûtait, repas de midi compris, environ 400 euros par mois dans les années 2005.

A Genève, une école Montessori bilingue anglais coûtait à la même époque environ 600 euros par mois.

 

 

Le matériel Montessori

Cependant, pour ceux qui sont intéressés et qui le peuvent, voici plus de précisions : l’enseignement se base sur le développement de l’enfant et sur sa curiosité naturelle.

Le matériel utilisé est scientifique et adapté à l’enfant :

– Matériel pour l’ordre : l’enfant classifie, ordonne, trie et élabore un raisonnement,

– Le langage : l’enfant nomme les concepts,

– Le mouvement : l’enfant affine l’usage de ses mains,

– Le raffinement sensoriel : l’enfant atteint un grand raffinement avec certains matériels.

L’enfant s’ouvre donc à une perception plus précise du monde. Le matériel sensoriel lui donne les « clés » nécessaires pour découvrir la réalité, un « alphabet » pour apprendre à lire son environnement.

Il est en effet primordial pour Maria Montessori d’offrir à l’enfant la possibilité d’épanouir au maximum ses différentes sensibilités :

– dans un cadre adapté à ses besoins psychologiques,

– en respectant son rythme propre et ses particularités individuelles,

– tout en l’éveillant à la vie sociale.

Le rythme de l’enfant est donc mis en avant !

 

 

La pédagogie Montessori est adaptable aux changements de la société… et donc hautement efficace même en notre nouveau siècle. Elle constitue, selon certains, une force certaine pour le futur.

 

 

Des personnalités célèbres issues de l’éducation Montessori

Les fondateurs de Google : Sergey Brin et Larry Page.

Anne Franck (eh oui ! durant son séjour à Amsterdam)

Will Wright : l’inventeur du célèbre jeu video des Sims.

 

 

Que penser de l’enseignement alternatif Montessori ?

Des études aux Etats-Unis ont montré que les élèves issus de Montessori obtiennent de meilleurs résultats lors d’évaluation de leurs capacités scolaires et sociales.

 

 

Un cas pratique : les fractions pour des enfants de 5 ans

Les fractions sont abordées dès 5 ans : le matériel utilisé est : une pomme, un couteau, des fractions en métal, et un plateau.

Le but est une approche sensorielle des fractions.

Un enfant est invité face à un tapis où l’enseignant a placé le plateau, le couteau et la pomme.

Montrer la pomme à l’enfant et lui demander combien il y a de pommes.

Il répond « une ».

Lui dire alors qu’on souhaiterait partager cette pomme avec lui. Comment faire ?

L’enfant doit répondre qu’il faut la couper en 2.

Le formateur annonce qu’il va la couper en 2 parts égales.

Il la coupe et en donne un morceau à l’enfant, et dit qu’il lui donne une demi-pomme. Lui faire remarquer que cette pomme est plus petite que la pomme entière.

(Merci au blog Montessori pour cet exemple)

 

 

Pour vous donner une idée, un petit reportage en France :